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Madagascar, figure parmi les 10 hot spots de la diversité biologique mondiale

Le patrimoine naturel unique de Madagascar est sévèrement menacé de disparition. La forêt naturelle qui couvrait originellement la majeure partie de l’île disparaît très rapidement. Durant les dix dernières années, le taux de déforestation a diminué : il est passé de 0,83% par an en 1990-2000 à 0,53% par an pour la période 2000-2005. En 2005, on a estimé qu’il reste 9,4 millions d'hectares de forêts naturelles à Madagascar.
Par ailleurs, la déforestation laisse derrière elle des sols nus et fragiles. L’érosion qui s’ensuit est extrêmement importante, entraînant une dégradation importante des milieux lacustres, côtiers et marins qui par ailleurs sont déjà soumis à des fortes pressions de transformations à des fins agricoles et à une exploitation excessive.
La croissance démographique constitue un facteur d’aggravation sérieux pour la situation de l’environnement. En effet, le niveau de pauvreté de la population contraint les habitants à avoir recours aux ressources naturelles de façon destructrice en privilégiant le court terme au détriment d’une utilisation rationnelle qui revêt un caractère durable.

Les processus écologiques et la diversité biologique de Madagascar constituent pourtant des atouts économiques de première importance. La protection des écosystèmes naturels permet le maintien des fonctions écologiques primaires, comme la restitution progressive et continue de l’eau. La protection des sols qui en découle évite le cortège de problèmes qui affectent maintenant de façon chronique l’économie du pays comme l’ensablement des périmètres agro-rizicoles, des infrastructures portuaires, des infrastructures hydroélectriques, les affaissements routiers…

Si l’histoire des hommes à Madagascar se réduit à quelques 2000 ans seulement, pour comprendre le peuplement de l’île par les plantes et les animaux, il nous faut remonter dans les temps géologiques et considérer des millions d’années. Madagascar faisait partie du vaste continent Gondwana il y a encore 200 millions d’années et s’en sépara il y a près de 165 millions d’années en même temps que l’actuel péninsule indienne. Bien plus tard, l’Inde dérivera vers le nord en entrant en collision avec l’Asie, il y a environ 45 millions d’années. Lors de la séparation de l’Afrique et de Madagascar, la faune et la flore des masses continentales étaient très anciennes, les dinosaures dominaient alors la planète, les mammifères étaient petits et nocturnes, les Angiospermes n’existaient pas encore et la flore se limitait aux Gymnospermes (comme les conifères) et autres groupes anciens comprenant notamment les fougères.

L’extinction des dinosaures lors du chambardement de la fin du Crétacé (il y a environ 65 millions d’années) permit à de nouveaux groupes de coloniser les terres (et les mers) et la place des grands animaux étaient libre. Les mammifères devinrent le groupe dominant dans le règne animal avec l’apparition de la branche des Humanoïdes, il y a moins de 10 millions d’années, mais l’évolution de cette branche née en Afrique ne concernera pas Madagascar qui poursuivait sa course particulière.

Des groupes d’animaux et de plantes allèrent à la conquête de la grande île, par la voie des airs, de la mer ou en se faisant transporter par d’autres animaux ou par des débris végétaux flottant sur la mer. Ils colonisèrent ainsi à Madagascar des niches écologiques vides. Les affinités des peuplements malgaches sont africaines mais également indiennes, malaysiennes et australiennes. Les groupes d'animaux et de plantes ont cependant une histoire tellement ancienne et particulière qu’ils présentent tous un élément spécifique et le plus souvent unique, véritables reliques qui ont disparu aujourd’hui des masses continentales mais qui ont évolué à Madagascar en vase clos.
Un environnement à découvrir

 


Les zones intertropicales présentent des milieux extrêmement variés, les grandes forêts sempervirentes ne sont pas généralité  sont également rencontrés déserts secs et chauds, zones enneigées, vastes zones herbeuses … Les altitudes ne sont pas très élevées à Madagascar mais la neige a été observée certaines années sur le Pic Boby dans le massif de l’Andringitra où les températures hivernales avoisinent 
fréquemment –10 C.

La diversité est rencontrée dans la végétation et les paysages, du fourré épineux des zones sub-arides du Sud à la luxuriante forêt sempervirente humide de l’Est, mais aussi dans les forêts sèches de l’Ouest, les mangroves, les lacs et rivières, sans oublier les vastes zones transformées par l’homme, sorte de déserts herbeux parfois égayés par les rizières aux creux des vallées humides. Les milieux “naturels”, c’est à dire ceux qui n’ont pas été transformés par l’action de l’homme sont fragiles et lorsque les forêts brûlent, la végétation qui repousse est pauvre, peu diversifiée et le milieu forestier ne se reconstituera que lentement.

Richesse et diversité des forêts et fourrés

 


      Fourrés épineux typiques à l’étage sub-aride
Il n’existe pas de réelle saison des pluies, celles-ci n’étant qu’occasionnelles. La pluviométrie annuelle ne dépasse pas 500 m en certains endroits du Sud Ouest. Si de grands arbres sont encore rencontrés par endroit comme les baobabs ou les tamariniers, la végétation forme un fourré épineux. Ce fourré est plus ou moins haut, dominé par les plus grandes espèces de la famille des Didieracées ou par des euphorbes au latex blanc, typiques du sud. Parmi les autres éléments remarquables, notons les pachypodes dont certaines espèces peuvent atteindre plusieurs mètres de haut en rappelant les baobabs, ou les kalanchoes (prononcez “Kalankoé”) dont certaines espèces sont localement appelées “grandes oreilles” pour traduire l’étrange forme des grandes feuilles épaisses. Le long des plus grands fleuves, une forêt galerie peut se développer et elle sera alors dominée par les tamariniers dont les fruits sont appréciés par le Lemur catta. Flore et faune du Sud de Madagascar sont particulières et si les Didieracées peuvent rappeler certaines plantes des déserts mexicains, le fourré épineux du sud de Madagascar est unique au monde, par sa physionomie mais aussi par les formes de vie tellement particulières qu’il abrite.

        Forêts caducifoliées à l’étage sec et en quelques endroits de l’étage sub-aride
Sur la côte occidentale, la saison sèche est marquée et dure plusieurs mois entre avril-mai et novembre-décembre. Les forêts naturelles sont à présent rares mais présentent un cortège d’arbres bien particulier. La plupart des arbres et des buissons perdent leurs feuilles pendant la saison sèche. Les forêts rencontrées sur les terrains calcaires des “Tsingy” rappellent un peu les forêts pluviales de la côte orientale, avec de grands arbres poussant dans des conditions plus humides. C’est dans ces endroits que se trouvent notamment les populations naturelles du Flamboyant, arbre endémique de Madagascar qui a été exporté partout dans le monde comme arbre d’ornement.

        Forêts sempervirentes aux étages humide et sub-humide
La côte orientale reçoit les nuages apportés par l’alizé austral et ceux des orages en saison chaude, de novembre-décembre à avril-mai. La saison sèche est peu marquée et ne dure parfois qu’un mois. Des forêts humides à sub-humides et sempervirentes sur la côte orientale ainsi que sur la côte Nord Ouest, dans le Sambirano derrière le massif du Tsaratanana. Chaque parcelle de forêt est bien sur particulière mais globalement les changements des forêts naturelles s’observent dans la composition et la structure en fonction de l’altitude plus l’altitude est élevée, moins la forêt est haute. Aux altitudes supérieures à 1 200 mètres, la forêt est parfois remplacée par un fourré de montagne.

La forêt pluviale de la côte orientale répond parfaitement aux images des forêts “tropicales”. Elle est sempervirente, c’est à dire toujours verte. Les plus grands arbres sont rencontrés à basse altitude, en dessous de 800 mètres d’altitude selon les endroits. Les sols sont profonds, l’humidité est importante et la litière forestière est épaisse. La canopée est haute, et ces forêts abritent le plus grand nombre d’espèces de plantes et d’animaux. Juste derrière le rivage, en certains endroits un type de forêt particulier s’est développé sur des terrains sableux la forêt littorale qui n’est plus représentée que par quelques parcelles comme près de Fort-Dauphin ou sur la presqu’île Masoala.

Aux altitudes moyennes, entre 800 et 1000 mètres environ, le sol forestier est généralement moins profond et les températures baissent. On y rencontre encore de grands arbres mais la forêt est moins haute, la canopée ne dépassant pas 20 mètres sauf aux endroits les moins exposés comme dans les fonds de vallées. Le sous-bois est généralement plus dense, les arbres sont couverts de mousses et de lichens. Les plantes poussent sur les plantes, fougères, orchidées et autres épiphytes qui ne sont pas des parasites en n’utilisant les arbres que comme support, sont nombreuses. Les bambous et les lianes sont plus communément rencontrées aux altitudes moyennes. Les fougères privilégient les endroits les plus humides, elles sont arborescentes en pouvant atteindre une vingtaine de mètres de haut, terrestres ou épiphytes en formant parfois de véritables bouquets sur les branches des plus grands arbres.

Aux altitudes supérieures, généralement au-delà de 1200 mètres, les conditions sont plus dures, les températures baissent en même temps que les écarts entre les températures diurnes et nocturnes se creusent. Les sols sont encore moins profonds et la végétation est plus exposée aux vents et à l’ensoleillement. La forêt est bien plus basse, les arbres peuvent appartenir aux mêmes espèces qu’à basse altitude mais se développent différemment. Ils sont souvent noueux, rabougris et buissonnants. Leurs feuilles sont cireuses, petites et parfois réduites à l’état d’épines. La végétation à ces altitudes est “sclérophylle” et les espèces de la famille des Ericacées sont communes.

        Fourré de montagne sur les plus hauts sommets
Sur certains “toits” des plus grandes montagnes, au sommet du Tsaratanana, du Marojejy, dans l’Andringitra ou dans l’Andohahela, la forêt est remplacée par un fourré de montagne. Ces sommets sont extrêmement secs et les conditions climatiques et de vie sont les plus rudes. Peu d’animaux sont rencontrés dans les fourrés de montagne. Des feux accidentels ont détruit la végétation naturelle des sommets du Tsaratanana et de l’Andohahela mais le fourré de montagne du Marojejy est toujours intact. A plus de 2 000 mètres d’altitude, des buissons, des palmiers nains et des orchidées uniques peuvent être rencontrés.

Appauvrissement et monotonie

 


      Les forêts dégradées et les zones herbeuses
La plupart des forêts des Hauts Plateaux ont disparues mais il en reste quelques vestiges importants comme dans le massif de l’Andringitra ou à Anjozorobe. Les versants occidentaux de ces forêts présentent parfois des arbres à feuilles caduques de l’Ouest de Madagascar alors que les versants orientaux sont plus humides. Dans diverses zones, comme aux environs d’Antsirabe ou de Ranohira, un type de forêt dégradé présente un peuplement de Tapias. Ces arbres de la famille des Euphorbiacées sont localement appelés Voapaka, paka, tapia, et “scientifiquement” Uapaca bojeri.

La plupart des zones des Hauts Plateaux ne présentent que de monotones zones herbeuses. S’il existait certainement quelques zones ouvertes à Madagascar avant l’arrivée de l’homme, elles étaient cependant rares, peu étendues et localisées. Ces paysages monotones sont extrêmement pauvres et n’abritent que quelques espèces d’herbes communes à l’Afrique et peu d’animaux.

 

Variété de paysages dans les zones humides, marines et côtières

 

      Les lacs
Cinq grands lacs sont rencontrés à Madagascar. Les lacs Alaotra et Itasy sur les Hauts Plateaux, le lac Kinkony à l’ouest et les lacs Ihotry et Tsimanampetsotsa au sud.

Le lac Alaotra est le plus grand lac de Madagascar avec une surface de 2200a (220 km2). Il est peu profond et transformé à usage agricole depuis le début du XXe siècle. Il était connu comme un site exceptionnel pour les oiseaux aquatiques mais cela n’est plus qu’histoire et les deux oiseaux endémiques qui ne se reproduisaient que sur ses eaux ont probablement disparus ou sont en voie d’extinction.

Le lac Itasy situé à 120 d’altitude et d’une surface de 300a est assez profond ses eaux sont froides et relativement propres. Des collines dénudées et érodées l’entourent. Des zones marécageuses sont rencontrées vers le sud.

Le lac Kinkony, à une altitude de 8 mètres, présente une surface de 1000a en période d’étiage qui passe à 1500a en crue en étant alors relié à divers autres lacs satellites. Ses berges est et sud sont couvertes d’une forêt sèche caducifoliée avec de grands arbres sur lesquels le Pygargue de Madagascar peut être observé.

Le lac Ihotry peut atteindre une surface de près de 1000a mais se réduire à moins de 100a pendant les années les plus sèches (cf: chap Sud).

Le lac Tsimanampetsotsa est un lac d’eau saumâtre, peu profond et saturé de sulfate de chaux qui lui donne une couleur laiteuse (cf: chap Sud).

Entre Maintirano et Antsalova, sur la côte occidentale, une grande zone de lacs et de marais constitue l’un des sites les plus importants pour les oiseaux d’eau de Madagascar. Il s’agit en particulier des lacs Manambolomaty, Befotaka, Soamalipo, Ankerika qui constituent des lacs de première importance pour le Pygargue de Madagascar.

        Les mangroves
Si dans la plupart des endroits du globe, les océans rongent le littoral, les mangroves elles avancent sur la mer et la font “reculer”. Les mangroves sont rencontrées dans les zones tropicales de l’ensemble du globe et ses arbres les plus caractéristiques sont les palétuviers avec leurs racines échasses qui leur permettent de s’ancrer au fond et de résister au balancement des marées. Dans l’ouest de l’océan Indien, Madagascar présente la plus grande surface de mangrove avec près de 33000a dont 97 sur la côte occidentale. Peu d’espèces d’arbres constituent la mangrove qui est un milieu difficile d’accès, encombré de pneumatophores et de racines échasses, sur un fond vaseux.

        Les bords de mer et les récifs
Avec quelques 500 km de côtes, les paysages du bord de mer sont variés. En de rares endroits de la côte orientale, la forêt sempervirente descend jusqu’aux plages comme sur la côte ouest de la presqu’île Masoala. Des falaises marquent les caps nord (cap d’Ambre) et sud (cap Sainte-Marie) mais totalement différemment. Les bords de mer sont généralement plus attrayants lorsqu’ils prolongent les milieux naturels, mais ces cas sont de plus en plus rares. Les plages de cocotiers, palmier importé à Madagascar, existent en plusieurs endroits.

        Les récifs coralliens
Ils sont généralement distribués le long de la côte occidentale, formant localement une barrière. Ils sont beaucoup moins communs le long de la côte Est où ils sont principalement localisés sur la partie Nord Est de l’île, autour de Mananara, à l’Ile Sainte Marie, Vohémar et entre Antalaha et Cap-Est. La longueur totale des récifs de la côte ouest est estimée à 1000 km environ. Les grands récifs connus sont ceux de Tuléar et de Nosy Be. Les nombreux îlots dispersés le long de la côte Ouest présentent également des récifs coralliens à leur pourtour.

Richesse et diversité en faunes et flores

 


TAXON
Plante
Mammifère
Oiseau
Reptile
Amphibien
Poisson
Nombre espèce
12 000
160
283
363
238
165
Espèce globalement menacées (CR, EN, VU)
280
45
35
20
55
73
Endémicité
96 %
88 %
51 %
90 %
99 %
96 %

 

 
 

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